Eh oui Bo, il est mort. Etrange sentiment que celui que tu ressens en ce moment même, pas vrai? Bien sûr, tu souffres. & d'autres choses encore. Tu peux toujours l'entendre. Mais lui ne peux plus. Tu peux toujours le voir. & lui, sais-tu tout ce qu'il aurait donné pour pouvoir plonger ses yeux dans les tiens, à nouveau? T'as beau toujours y croire, t'es pas une jeune fille mystère qui va pouvoir lui remettre la mâchoire en place. Rien ne sert de regarder une gueule cassée d'après-guerre. Tout est fini, il a perdu, contre la vie, contre l'ennemi, tu n'as pas sû l'aider correctement, il compte certainement encore sur toi tu sais. Au moins pour lui rendre hommage, Bo, tu lui doit bien ça. Il aurait tellement voulu te voir continuer. Sans lui, comme si ça l'amusait de te pousser dans ce genre de situations complexes, où tu te retrouverais entre le désir d'aller le rejoindre & celui de tenir cette promesse de vie & de libertée. Mais tu sais, comme moi, que là où il gît à présent, il doit plus tellement penser à tes yeux de fillette. C'est tout ce qu'il a sû faire pour toi. Quelques chansons dont tu n'es pas sûre qu'elles te sont destinées. T'aurais pû lui demander, quand même, maintenant t'es coincée. Il a sans doutes crût que t'en avais rien à foutre, de ses jolis refrains. S'il avait sû, il serait resté, pour toi. Tu vois comme tu te sens ridicule, en ce moment même, à penser que tu ne pouvais rien y faire. Comme si t'y croyais, à ces conneries. Comme si t'avais pas compris que c'était sur toi qu'il reposait. Tu peux bien pleurer, mais il n'y aurait personne pour te tendre un kleenex. Tu commences à prendre de trop sales habitudes. Les autres aussi, ils vivent, tu sais bien, & comme toi, ils doivent avoir le désir de rester parmis les vivants quelques temps encore. Change donc ton fusil d'épaule, c'est la trève. De toutes façons vous avez perdu, bande d'abrutis.
Ca te fais mal aux tripes. T'aurais tellement aimé ne plus en avoir conscience.
Tellement drôle de te sentir encore brûlante. Ses cris, ça te déchire, hein? Tu refuses, pourtant il est mort. Ta faute. A toi. Ne regarde plus les autres comme l'innocence même. Si t'avais été descendue à la naissance, il serait encore en train de gueuler parce qu'il retrouve plus son médiator. L'heure est venue de t'en vouloir. Je sais, tu ne regrettes pas. Alors dis-moi pourquoi tu ne te considère toujours pas comme une méchante femme, une menthe religieuse, le "religieuse" en moins, sinon tu serais au moins allée dire au revoir à ses lambeaux. Même ça, t'as refusé de le faire. Comme quoi tes principes passent avant la vie que tu as gachée. Sale pute. Oui, & encore, le blé tu l'échange contre la souffrance, t'es sadique en plus de ça. Mais là, c'est pis. Tu l'as tué. Il est mort. Refuses-tu encore de comprendre? Le mal vient de toi, Bo. Jamais plus tu ne viendras te plaindre d'être mal aimée. C'est toi qui aime trop mal. Même pas du tout. C'est toi qui les invite à manger dans ta main. C'est toi qui les attrape & qui leur tranche le cou.
Il faut que je te dise. Elle ne t'écoute plus.
J'écoute : Nirvana - All Apologies ♪
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